L'erreur la plus commune que l’on trouve sur l’esprit de la culture japonaise, c’est de croire que le zen est une conscience qui serait à la base du comportement japonais.

Or le shinto est la conscience de l’esprit dans la nature du monde, et son monde d’expression est dans la non interprétation de la réalité.

C’est la raison pour laquelle il n’y a pas d’étude sur le shinto, il refuse d’entrer dans l’intellectualisation, la culture japonaise était au départ une culture orale, sans écriture.

D’autre part, il y a la conscience que chaque être vivant ou non vivant est un esprit, et que nous ne sommes pas des êtres humains ou des oiseaux, mais des esprits qui jouent le rôle d’être un humain ou un oiseau, ce qui est commun à toutes les cultures animistes (conscientes de l’esprit dans la nature des choses et des êtres).

Cette conscience favorise un état d’émerveillement spontané et de présence au monde, que l’on trouve chez les japonais qui s’émerveillent de la pousse des plantes ou de la floraison des cerisiers chaque année.

Cette conscience du merveilleux dans le monde ordinaire est la spiritualité du shinto, qui n’a pas besoin d’une explication du monde.

Le zen n’est finalement que l’esprit du shinto qui habite les japonais de façon spontanée et qui a été placé dans un emballage doctrinaire.

Les japonais sont en général mal à l’aise si on parle du shinto, parce qu’ils pense que son sens induit une erreur d’interprétation venant des étrangers, qui ont besoin de placer des concepts sur toute chose.

Alors que la culture japonaise est plus basée sur les impressions et la communication non verbale, la transparence quasi médiumnique.

Comme l’expliquait Haruki Murakami dans un interview, sur le fait qu’en Asie, les mondes parallèles sont des choses naturelles et les frontières entre ce monde ci et l’autre n’ont pas vraiment de frontière, ce qui est la base de son œuvre romanesque finalement, qui exprime sans la nommer la spiritualité non dite du Japon.